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Proposer un local

Renouvellement et indemnité d’éviction : vos droits

Un bailleur peut refuser de renouveler votre bail. Ce n’est pas interdit,
mais ce refus se paie : il ouvre droit à une indemnité
d’éviction au profit du locataire évincé.

Sauf dans les cas où la loi 49-16 l’en dispense, et ce sont ces cas qu’il
faut connaître, parce qu’ils dépendent presque tous du comportement du
locataire.

Obtenir le renouvellement

Le droit au renouvellement s’acquiert après deux années
consécutives
d’exploitation effective, en vertu de baux écrits. Il est
acquis immédiatement si un droit au bail a été versé : voir notre article sur
le droit au bail et le
pas-de-porte
.

La demande s’adresse au bailleur par acte extrajudiciaire. Il dispose de
trois mois pour répondre, et son silence vaut
acceptation
. Cette règle protège le locataire : l’inaction du
propriétaire joue en sa faveur.

Le calcul de l’indemnité

L’indemnité correspond à la valeur marchande du fonds de
commerce
, augmentée des frais de déménagement et de réinstallation.

Le montant versé au titre du droit au bail en constitue le
plancher : l’indemnité ne peut lui être inférieure. C’est la
raison pour laquelle ce versement doit impérativement figurer par écrit : sans
trace, cette garantie disparaît.

L’évaluation du fonds relève d’un expert et se discute. Elle tient compte du
chiffre d’affaires, de la rentabilité, de la clientèle attachée à
l’emplacement, et de la difficulté à se réinstaller dans des conditions
équivalentes.

Les cas où l’indemnité n’est pas due

La loi prévoit des exceptions. Elles tiennent presque toutes au
comportement du locataire, ce qui les rend évitables.

Situation Ce qu’il faut faire
Non-paiement du loyer régulariser dans les quinze jours de la mise en demeure
Transformations sans accord obtenir le consentement écrit avant tous travaux
Changement d’activité consentement écrit du bailleur, indispensable
Local menaçant ruine cas indépendant du locataire

Sur le changement d’activité, la jurisprudence marocaine est stricte :
une autorisation judiciaire ne supplée pas le consentement écrit du
bailleur
pour un changement total d’activité. Un commerçant qui
transforme sa boutique en restaurant sans accord écrit perd son indemnité.

Le congé et ses délais

Le congé doit être motivé, et respecter un préavis qui varie selon le
motif : quinze jours pour un non-paiement ou un local menaçant ruine, trois
mois dans les autres cas.

Il doit mentionner que vous disposez de trente jours pour saisir le
tribunal
. Ce délai est court. Dès réception d’un congé, consultez un
juriste sans attendre : l’expiration du délai vous prive de toute
contestation.

Côté bailleur, le droit de demander la validation du congé se prescrit par
six mois à compter de l’expiration du délai de congé.

La procédure, étape par étape

Une éviction ne se décide pas du jour au lendemain. Elle suit une séquence
dont chaque étape ouvre un délai.

  1. Le bailleur délivre un congé motivé, en respectant le
    préavis correspondant au motif invoqué.
  2. Le locataire dispose de trente jours pour saisir le
    tribunal s’il conteste. Passé ce délai, la contestation est éteinte.
  3. Le tribunal apprécie le motif. S’il est fondé et qu’aucun
    cas d’exclusion ne s’applique, l’indemnité est due.
  4. Un expert évalue le fonds, et l’indemnité se discute sur
    cette base.
  5. Le locataire quitte les lieux après paiement, sauf accord
    différent.

Le bailleur qui laisse passer six mois après l’expiration du
délai de congé perd son droit de demander la validation : le locataire reste en
place et le bail se poursuit.

Ce qui fait varier le montant

L’indemnité n’est pas un forfait. Quatre éléments pèsent sur l’évaluation du
fonds.

La rentabilité de l’exploitation

Un fonds qui dégage un résultat régulier vaut davantage qu’un commerce à
l’équilibre, à emplacement égal. Les bilans des trois derniers exercices
constituent la base de discussion.

La clientèle attachée à l’emplacement

C’est ce qui distingue un commerce de flux d’un commerce de destination. Une
activité qui vit du passage perd tout en déménageant ; une activité sur
rendez-vous emporte sa clientèle avec elle. Le préjudice n’est pas le même, et
l’indemnité s’en ressent.

La difficulté de réinstallation

Retrouver un local équivalent dans le même secteur peut être simple ou
impossible selon le quartier. À Anfa, où l’offre commerciale est rare, se
réinstaller à conditions comparables demande du temps : ce qui pèse dans
l’évaluation.

Le montant du droit au bail versé

Il constitue le plancher. Une indemnité inférieure à ce que le locataire a
payé pour entrer ne serait pas une indemnisation.

Se préparer avant d’en avoir besoin

Une indemnité d’éviction se prépare des années à l’avance, par des gestes
simples :

  • Conservez toutes vos quittances. Elles prouvent
    l’exploitation continue et l’absence d’arriéré.
  • Demandez un écrit pour chaque travaux. Un accord verbal ne
    vaudra rien le jour où il faudra le prouver.
  • Faites acter tout changement d’activité, même partiel.
  • Gardez la trace du droit au bail versé. C’est le plancher
    de votre indemnité.

Si vous devez vous réinstaller

Une éviction, même indemnisée, oblige à retrouver un emplacement. Les
niveaux de loyer varient fortement d’un quartier à l’autre de Casablanca : le
tableau des prix par
quartier
permet de mesurer ce qu’implique un déplacement, et notre article
sur le choix du
quartier selon l’activité
aide à cibler les secteurs adaptés.

Questions fréquentes

Le bailleur peut-il refuser de renouveler mon bail commercial ?

Oui, mais ce refus ouvre droit à une indemnité d’éviction au profit du locataire, sauf dans les cas prévus par la loi. Le bailleur n’a donc pas à motiver son refus par une faute du locataire : il peut simplement vouloir reprendre son local, à condition d’en payer le prix.

Comment se calcule l’indemnité d’éviction ?

Elle correspond à la valeur marchande du fonds de commerce, augmentée des frais de déménagement et de réinstallation. Le montant versé au titre du droit au bail ou du pas-de-porte en constitue le plancher : l’indemnité ne peut lui être inférieure. L’évaluation du fonds relève d’un expert, et se discute.

Dans quels cas l’indemnité d’éviction n’est-elle pas due ?

La loi 49-16 prévoit plusieurs exceptions, notamment le non-paiement du loyer, des transformations du local effectuées sans le consentement écrit du bailleur, et le changement d’activité du fonds de commerce. Sur ce dernier point la jurisprudence marocaine est stricte : une autorisation judiciaire ne remplace pas le consentement écrit du bailleur.

Combien de temps ai-je pour contester un congé ?

Le congé doit mentionner que vous disposez de trente jours pour saisir le tribunal. Ce délai est court : dès réception d’un congé, consultez un juriste sans attendre. De son côté, le bailleur voit son droit de demander la validation du congé se prescrire par six mois à compter de l’expiration du délai de congé.

Cet article présente le cadre général de la loi 49-16. Chaque bail a ses particularités, et une clause peut écarter ce qui est décrit ici. Faites relire votre contrat par un juriste avant de vous engager ou d’entamer une procédure.

Les prix que nous relevons

140 MAD/m²/mois

Prix généralement observés 94 MAD/m²/mois à 187 MAD/m²/mois

Relevés à Casablanca, mis à jour en continu. Dernière mise à jour : octobre 2026.

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