Sur les emplacements recherchés de Casablanca, le droit au bail dépasse
fréquemment une année de loyer, et parfois la valeur du fonds lui-même. C’est
le poste qui fait basculer un budget, et celui sur lequel un repreneur dispose
du moins de repères.
Il ne s’agit pas d’un loyer d’avance. Vous achetez une position :
le droit d’occuper cet emplacement précis, avec la clientèle de passage qui
l’accompagne et la protection du statut des baux commerciaux.
Droit au bail, pas-de-porte : le même sujet
Dans l’usage marocain, les deux termes se confondent. Le droit au bail
désigne la valeur de la position du locataire, cédée par le sortant au
repreneur. Le pas-de-porte désigne plutôt une somme versée au bailleur à
l’entrée.
Ce qui compte juridiquement n’est pas le mot employé, mais que le versement
soit tracé par écrit.
Ce que la loi 49-16 a changé
Avant 2017, cette pratique n’était pas encadrée. La loi 49-16 lui donne
désormais un statut, et cela produit deux effets concrets pour celui qui
paie.
Le versement doit être écrit
Il doit figurer au contrat de bail, ou faire l’objet d’un acte écrit
distinct. Exigez cet écrit avant de payer. Sans lui, la somme
versée n’a aucune existence juridique.
Il devient le plancher de votre indemnité
Le montant que vous versez constitue le minimum de l’indemnité qui vous sera
due si vous êtes un jour évincé. C’est une protection réelle, et c’est ce qui
justifie l’exigence d’un écrit : sans trace, cette garantie disparaît.
Il ouvre immédiatement le droit au renouvellement
La condition de deux années d’exploitation, normalement exigée pour obtenir
le renouvellement, tombe dès lors qu’un droit au bail a été versé.
Celui qui a payé pour entrer n’a pas à mériter sa position par l’ancienneté.
Voir notre article sur ce que la
loi 49-16 a changé.
Ce qui fait la valeur d’un droit au bail
Trois éléments, et aucun n’est arbitraire.
L’écart entre le loyer payé et le loyer du marché
C’est la base économique. Un local dont le loyer est nettement inférieur au
marché vaut cher à reprendre : vous achetez l’économie que vous ferez chaque
mois pendant la durée restante du bail. À l’inverse, un loyer déjà au niveau du
marché justifie mal un droit au bail élevé.
Cette comparaison se fait avec les niveaux constatés dans le
quartier. À Maârif, le loyer médian que nous relevons s’établit à
140 MAD/m²/mois,
sur 734 relevés.
Le tableau par quartier
donne les autres secteurs.
La durée restante du bail
Une économie de loyer sur dix-huit mois ne vaut pas une économie sur neuf
ans. Demandez le bail en cours et ses avenants avant toute discussion sur le
prix.
La qualité de l’emplacement
Le flux piéton, la visibilité de la vitrine, le stationnement. Sur un axe
passant, la position ne se reconstitue pas ailleurs : c’est ce qui se paie. Une
rue perpendiculaire à cinquante mètres présente un flux très différent, et
notre article sur
le choix du quartier
selon l’activité détaille ces écarts.
Quatre vérifications avant de verser
Le flux réel, pas le flux annoncé
Passez devant le local à trois moments différents : un matin de semaine, une
fin d’après-midi, un samedi. Comptez. Un emplacement vendu comme « très
passant » qui se révèle désert le samedi ne vaut pas le prix d’un flux
constant.
Les quittances des douze derniers mois
Elles indiquent le loyer réellement payé, parfois différent de celui qui
figure au contrat, et si le locataire sortant était à jour. Un arriéré peut
justifier un congé sans indemnité, ce qui réduirait à néant ce que vous
achetez.
La cohérence avec le marché
Un loyer déjà supérieur au marché et un droit au bail élevé
constituent une double facturation de l’emplacement. Rapportez le montant
demandé au loyer annuel, et comparez ce loyer aux niveaux du secteur.
La conformité à votre activité
Un droit au bail versé pour un local qui ne pourra pas accueillir votre
activité est perdu deux fois. Extraction, puissance électrique, accessibilité,
autorisation de la copropriété : ces points se vérifient avant le versement.
Et rappelez-vous qu’un changement d’activité sans le consentement écrit du
bailleur vous prive de l’indemnité d’éviction.
Le budget complet
Le droit au bail s’ajoute à la caution, aux honoraires et au premier loyer.
L’ensemble représente plusieurs mois de trésorerie à réunir le jour de la
signature : nous en détaillons chaque poste dans
ce qu’il faut avancer.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le droit au bail et le pas-de-porte ?
Dans l’usage marocain les deux termes se confondent souvent. Le droit au bail désigne la valeur de la position du locataire, cédée par le locataire sortant au repreneur. Le pas-de-porte désigne plutôt une somme versée au bailleur à l’entrée dans les lieux. Ce qui compte juridiquement est que le versement figure au contrat ou dans un acte écrit distinct, quel que soit le mot employé.
Le droit au bail est-il obligatoire ?
Non. Il se pratique sur les emplacements recherchés, où la demande dépasse l’offre, mais rien n’oblige un bailleur ou un locataire sortant à en demander un. Un local vacant depuis plusieurs mois, ou situé sur un axe moins passant, se reprend souvent sans aucun versement de ce type.
Que garantit le versement d’un droit au bail ?
Depuis la loi 49-16, il doit figurer au contrat de bail ou faire l’objet d’un acte écrit distinct. Ce montant constitue alors le plancher de l’indemnité due au locataire s’il est un jour évincé. Il ouvre aussi immédiatement le droit au renouvellement, sans attendre les deux années d’exploitation normalement exigées.
Comment savoir si un droit au bail est justifié ?
Trois éléments le déterminent : l’écart entre le loyer payé et le loyer de marché du secteur, la durée restante du bail, et la qualité de l’emplacement. Un local dont le loyer est déjà supérieur au marché et qui demande en plus un droit au bail élevé facture deux fois le même emplacement. Comparer le loyer proposé aux niveaux relevés dans le quartier est la première vérification à faire.
Cet article présente le cadre général de la loi 49-16. Chaque bail a ses particularités, et une clause peut écarter ce qui est décrit ici. Faites relire votre contrat par un juriste avant de vous engager ou d’entamer une procédure.
Les prix que nous relevons
140 MAD/m²/mois
Prix généralement observés 94 MAD/m²/mois à 187 MAD/m²/mois
Relevés à Casablanca, mis à jour en continu. Dernière mise à jour : octobre 2026.
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