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Proposer un local

Loyer HT ou TTC : la TVA sur les baux commerciaux au Maroc

Un même loyer annoncé peut vous coûter son montant, ou ce montant majoré de
20 %. Sur une année, l’écart représente plus de deux mois de loyer : de quoi
faire basculer un compte d’exploitation.

La réponse tient rarement en une phrase, parce que la règle marocaine
distingue plusieurs situations. Contrairement à une idée répandue, toutes
les locations professionnelles ne sont pas soumises à la TVA
. Savoir
dans quel cas vous vous trouvez vous évite à la fois une mauvaise surprise et un
paiement indu.

L’ordre de grandeur

  • Taux applicable quand la TVA est due : 20 %.
  • Loyer médian relevé à Maârif :
    140 MAD/m²/mois
    par mètre carré et par mois.
  • Loyer médian relevé à Anfa :
    173 MAD/m²/mois.

Sur un local de 100 m², un cinquième de plus ou de moins change la viabilité
d’un projet.

Local nu ou local équipé : la distinction qui décide

C’est le point de départ, et celui que les annonces ne mentionnent jamais.

Un local équipé pour un usage professionnel, c’est-à-dire
loué avec le matériel et les installations permettant l’exercice immédiat de
l’activité : relève de la TVA. Il en va de même des locaux meublés ou garnis.

Un local nu à usage professionnel, lui, se trouve depuis 2017
hors du champ d’application de la TVA. La loi de finances de cette année-là a
restreint l’assujettissement obligatoire aux seuls locaux équipés.

Les trois exceptions qui ramènent la TVA

Le droit d’option du bailleur

Depuis le 1er janvier 2018, un bailleur qui loue un local professionnel nu
peut choisir d’être assujetti à la TVA. C’est une option, pas
une obligation, et elle lui permet de récupérer la taxe sur ses propres
dépenses.

Conséquence directe pour vous : deux locaux nus voisins peuvent relever de
régimes différents, selon la seule décision de leurs propriétaires. Il n’existe
aucun moyen de le deviner : il faut le demander.

Les locaux en centre commercial

Un local situé dans un complexe commercial est soumis à la TVA même
s’il est nu
. Si votre projet vise un mall, la question ne se pose donc
pas : la taxe s’appliquera.

Les locaux acquis avec avantage fiscal

Depuis la loi de finances 2024, un local acquis ou construit avec le bénéfice
du droit à déduction ou d’une exonération de TVA est obligatoirement soumis à la
taxe lorsqu’il est loué, même nu. Le législateur ferme ainsi la possibilité de
récupérer la TVA à l’achat sans jamais la reverser sur les loyers.

Récapitulatif

Situation du local TVA sur le loyer
Équipé, meublé ou garni oui, obligatoirement
Nu, dans un centre commercial oui, obligatoirement
Nu, acquis avec droit à déduction oui, depuis 2024
Nu, bailleur ayant opté oui, par choix du bailleur
Nu, bailleur n’ayant pas opté hors champ

Ce que ça change pour vous

Si votre activité est assujettie

La TVA sur le loyer devient déductible de celle que vous collectez sur vos
ventes : c’est une avance de trésorerie, pas une charge définitive. Raisonnez
alors en hors taxes, et sachez qu’un bailleur ayant opté pour l’assujettissement
ne vous coûte rien de plus : à condition d’obtenir une facture en bonne et due
forme mentionnant la taxe.

Si votre activité ne l’est pas

La taxe reste intégralement à votre charge. Votre loyer réel est le montant
toutes taxes comprises, et un local hors champ vous revient mécaniquement 20 %
moins cher qu’un local équivalent soumis à la TVA.

C’est le cas de plusieurs professions libérales et de certaines activités
exonérées. Dans cette situation, le régime fiscal du bailleur devient un
critère de sélection à part entière
, au même titre que l’emplacement.

Les questions à poser avant la visite

Par écrit, et avant de vous déplacer :

« Le local est-il loué nu ou équipé ? Le loyer annoncé s’entend-il hors taxes
ou toutes taxes comprises ? Le bailleur a-t-il opté pour l’assujettissement à la
TVA ? »

Une réponse écrite vous protège et vous permet de comparer les offres sur une
base homogène. Un bailleur qui ne sait pas répondre est un bailleur dont le bail
sera imprécis sur d’autres points.

Pourquoi la règle paraît compliquée

La TVA sur les loyers professionnels tient à une distinction que le langage
courant ignore : ce n’est pas l’usage du local qui compte, mais son
état de livraison.

Un local nu, livré vide, est hors champ. Le même local livré avec du
mobilier, du matériel ou des équipements professionnels devient une prestation
de services, et bascule dans le champ de la taxe.

C’est pourquoi deux annonces voisines, pour des locaux comparables, peuvent
afficher l’une un loyer hors taxe et l’autre un loyer toutes taxes comprises
sans que personne ne se trompe.

Ce que cela change dans la négociation

Le point à éclaircir n’est pas le taux, connu, mais qui supporte
réellement la charge
.

Si vous êtes vous-même assujetti et que votre activité ouvre droit à
déduction, la TVA sur le loyer se récupère : elle ne pèse que sur votre
trésorerie, pas sur votre résultat. L’écart entre deux offres devient alors
marginal.

Si votre activité est exonérée ou hors champ, la taxe reste à votre charge
définitivement. Sur une année, elle représente alors plus de deux mois de
loyer, et elle doit entrer dans la comparaison au même titre que le montant
lui-même.

Cette question se pose donc avant de comparer deux locaux, pas
après. Faites préciser par écrit si le loyer annoncé s’entend hors taxe ou
toutes taxes comprises, et sur quel fondement.

Le cas des centres commerciaux

Un local en galerie ou en centre commercial s’accompagne généralement de
prestations : gardiennage, entretien des parties communes, animation
commerciale, parfois climatisation centralisée.

Ces prestations sont des services, et elles suivent leur propre régime. Le
loyer facial n’y dit donc pas grand-chose du décaissement mensuel réel, entre
le loyer lui-même, les charges communes et les taxes applicables aux unes et
aux autres.

Demandez un décompte complet sur douze mois avant de vous engager : c’est le
seul document qui permette de comparer une offre en centre commercial à une
offre en pied d’immeuble.

Ce qui doit figurer au bail

Le contrat doit préciser le montant du loyer, son régime fiscal, et la
répartition des charges et taxes accessoires : au premier rang desquelles la taxe
de services communaux.

Un bail muet sur ces points prépare un désaccord. Le moment de le corriger est
celui de la rédaction, pas celui de la première quittance.

Cet article décrit le cadre général tel qu’il résulte du Code général des
impôts et des lois de finances successives. Votre situation dépend de votre
régime fiscal, de votre activité et de la qualité du bailleur. Faites valider le
montage par votre comptable avant de vous engager.

Les prix que nous relevons

140 MAD/m²/mois

Prix généralement observés 94 MAD/m²/mois à 187 MAD/m²/mois

Relevés à Casablanca, mis à jour en continu. Dernière mise à jour : octobre 2026.

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