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Proposer un local

Combien coûte vraiment un local commercial à Casablanca ?

Une annonce affiche un loyer mensuel. Vous calculez votre budget sur cette
base, vous visitez, vous vous engagez. Puis arrive le décompte : deux mois de
caution, un mois d’honoraires, la TVA que personne n’avait mentionnée, et
parfois un droit au bail qui dépasse une année de loyer.

Cet écart entre le prix affiché et le coût réel est la première cause de
renoncement chez les commerçants qui cherchent un local à Casablanca. Il n’a
pourtant rien de mystérieux : il se calcule à l’avance, poste par poste.

Ce que nous observons

  • Loyer médian à Maârif :
    140 MAD/m²/mois,
    sur 734 relevés.
  • Loyer médian à Anfa :
    173 MAD/m²/mois.
  • Loyer médian à Aïn Sebaâ :
    60 MAD/m²/mois.

D’un bout à l’autre de la ville, le rapport est de un à deux. Le choix du
quartier pèse plus lourd que toute négociation.

Le loyer affiché n’est qu’un point de départ

Au Maroc, les loyers commerciaux se cotent en montant mensuel global, jamais
au mètre carré. C’est une habitude de marché, pas une règle : elle empêche
simplement de comparer deux locaux de surfaces différentes.

Ramener le loyer au mètre carré est le premier réflexe à prendre. Deux locaux
de surfaces différentes ne se comparent pas à l’intuition : le plus petit
paraît moins cher au mois, alors qu’il revient souvent plus cher au mètre
carré. C’est ce calcul que nous appliquons à chaque annonce relevée.

Les six postes à budgéter

1. Le loyer

C’est le seul poste affiché, et il varie fortement selon le quartier, mais
aussi selon la rue à l’intérieur d’un même quartier. Sur un axe passant, l’écart
avec une rue perpendiculaire située à cinquante mètres atteint couramment
30 %.

2. La TVA

Contrairement à une idée répandue, elle ne s’applique pas systématiquement.
Un local équipé y est soumis au taux de 20 %, de même qu’un
local situé dans un centre commercial, même nu. Un local nu ordinaire, lui, se
trouve hors du champ de la TVA depuis 2017, sauf si son propriétaire a opté
pour l’assujettissement, ce qu’il a le droit de faire.

Vingt pour cent d’écart sur un loyer, cela représente près d’un cinquième de
budget en plus chaque année. Les questions à poser avant toute visite : le local
est-il loué nu ou équipé, et le montant annoncé est-il HT ou TTC ?

Nous détaillons chaque cas dans notre article consacré à la TVA sur les baux
commerciaux.

3. La taxe de services communaux

La TSC s’ajoute aux charges. Son taux dépend de la commune et de la
localisation du bien. Elle est souvent refacturée au locataire, ce que le bail
doit préciser explicitement.

4. La caution

L’usage est de deux mois de loyer, versés à l’entrée et restitués en fin de
bail sous réserve de l’état des lieux. C’est une immobilisation de trésorerie,
pas une dépense, mais elle doit être disponible le jour de la signature.

5. Les honoraires d’agence

En commercial, la commission demandée au locataire atteint couramment un mois
et demi de loyer hors taxes, contre un mois en résidentiel. Elle est due à la
signature, et ne peut pas être réclamée de nouveau au renouvellement du bail.

6. Le droit au bail

C’est le poste le plus lourd, et le plus mal compris. Sur les emplacements
recherchés, il dépasse fréquemment une année de loyer, et parfois la valeur du
fonds lui-même. Il ne s’agit pas d’un loyer d’avance mais du prix de
l’emplacement, versé au locataire sortant.

Depuis la loi 49-16, ce versement est encadré : il doit figurer au contrat ou
faire l’objet d’un acte écrit distinct. C’est une protection réelle pour celui
qui paie, car ce montant constitue le plancher de l’indemnité qui lui sera due
s’il est un jour évincé.

Un exemple chiffré

Prenons un local de 80 m² dans un quartier central, au loyer médian que nous
relevons. Le calcul complet ressemble à ceci :

Poste Base Quand
Loyer surface × prix au m² tous les mois
TVA 20 % du loyer tous les mois
TSC et charges selon la commune tous les mois
Caution 2 mois à la signature, restituée
Honoraires 1 à 1,5 mois HT à la signature
Droit au bail très variable à la signature

À la signature, il faut donc réunir entre trois et trois mois et demi de
loyer, hors droit au bail et hors travaux. C’est ce montant qu’il faut avoir en
trésorerie, et non le seul premier loyer.

Trois erreurs qui coûtent cher

Confondre le loyer et le coût d’occupation

Un local moins cher au loyer peut revenir plus cher à l’usage : charges mal
réparties, travaux de mise en conformité à votre charge, absence de parking qui
vous fait perdre de la clientèle. Le loyer est un poste parmi d’autres.

Négliger la durée restante du bail

Reprendre un bail dont il reste dix-huit mois n’a pas la même valeur que
reprendre un bail neuf. Le droit au renouvellement existe, mais la négociation
qui l’accompagne se prépare des années à l’avance.

Signer sans vérifier la conformité à l’activité

Un local sans extraction ne deviendra pas un restaurant sans travaux lourds,
et parfois sans autorisation de la copropriété. Un local sans vitrine ne
conviendra pas à un commerce de flux. Ces vérifications se font avant
l’engagement, jamais après.

Raisonner en coût de première année

Comparer deux locaux au loyer mensuel conduit régulièrement à choisir le
plus cher. La bonne unité de comparaison est le coût de la première année,
travaux compris.

Prenez le loyer sur douze mois, ajoutez la caution, les honoraires, le
pas-de-porte éventuel et le budget d’aménagement. Un local nu à loyer modéré
demande souvent un aménagement qui dépasse une année de loyer, quand un local
déjà équipé se prend en main immédiatement pour un loyer plus élevé.

Sur trois ans, la hiérarchie s’inverse encore : les frais d’entrée
s’amortissent, et c’est le loyer qui redevient dominant. La durée pendant
laquelle vous comptez rester décide donc de la façon de comparer.

Un dernier poste échappe à ce calcul mais pèse autant : le temps
avant ouverture
. Chaque mois de travaux est un mois de loyer payé sans
chiffre d’affaires. Un local disponible tout de suite vaut souvent la prime
qu’on lui demande.

Les postes qu’on découvre après coup

La mise aux normes. Électricité, accessibilité, sécurité
incendie selon l’activité. Le bail dit rarement qui la prend en charge, et le
silence profite au bailleur.

Les charges de copropriété. Demandez les trois derniers
exercices plutôt qu’une estimation : dans un immeuble ancien ou un centre
commercial, elles représentent une part significative du coût total.

L’assurance et la taxe professionnelle, qui s’ajoutent au
loyer et varient selon la surface et l’activité.

La remise en état de sortie. Beaucoup de baux imposent de
restituer le local dans son état d’origine. Si vous avez cloisonné, percé,
modifié la devanture, ce poste se paie à la fin, des années plus tard.

D’où viennent nos chiffres

Nous relevons en continu les annonces publiées sur le marché casablancais et
nous en calculons la médiane par quartier, ainsi que l’intervalle dans lequel se
situe la moitié centrale des biens. Nous publions le nombre de relevés qui
fonde chaque chiffre, afin que vous puissiez juger de sa solidité.

Une précision importante : ces chiffres décrivent des prix
demandés, pas des prix conclus. Ils vous donnent le niveau du marché et ce qui
est négociable, pas le montant exact auquel vous signerez.

Les prix que nous relevons

140 MAD/m²/mois

Prix généralement observés 94 MAD/m²/mois à 187 MAD/m²/mois

Relevés à Casablanca, mis à jour en continu. Dernière mise à jour : octobre 2026.

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